Boisson alcoolisée

On nomme boisson alcoolisée toute boisson contenant de l'alcool éthylique ou éthanol.



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Boisson alcoolisée - Abus d'alcool

Diverses boissons alcoolisées

On nomme boisson alcoolisée (ou boisson alcoolique) toute boisson (fermentée, macérée, distillée ou autre) contenant de l'alcool éthylique ou éthanol.

Icône de détail Article détaillé : éthanol.

Éthanol (CH3CH2OH), la substance active des boissons alcoolisées, est presque toujours produit par fermentation alcoolique - la voie métabolique des glucides de certaines espèces de levures en l'absence d'oxygène.

Il avait été avancé que les impuretés de l'alcool (congénères) étaient la cause de la gueule de bois. Cependant, il est plus probable qu'elle soit causée par l'éthanal, une forme intermédiaire oxydée produite par le foie où l'alcool est catabolisé.

Les boissons alcoolisées avec une concentration supérieure à 40 % du volume sont aisément inflammables.

En chimie, le terme alcool sert à désigner la totalité des composés organiques dans lesquels un groupe hydroxyl (-OH) est lié à un atome de carbone, qui à son tour est relié à d'autre atomes de carbone ou d'hydrogène. D'autres alcools tel que le propylène glycol et les polyols peuvent être présents de façon courante dans la nourriture et les boissons, mais cela ne fait pas d'eux des produits alcoolisés. Le méthanol (un seul carbone), le propanol (trois carbones), et le butanol (quatre carbones) sont tous des alcools particulièrement courants, mais aucun d'eux ne peut être consommé car ils sont toxiques.

C'est la fermentation des sucres (glucose et fructose) contenus dans les fruits, les grains ou les racines (betterave) qui produit l'alcool. La boisson ainsi obtenue peut être distillée pour donner une eau-de-vie ou autre spiritueux. La distillation des résidus de pressage donne le marc.

Matière première de l'alcool Aromatisation Boisson
fermentée macérée distillée
feuille agave   pulque   téquila, mezcal
feuilles de frêne   frênette (ou cidre de frêne)    
Alcool neutre anis    
anis, armoise, verveine,
sauge, romarin, thym
  pastis  
orange     triple sec
citron   limoncello
cassis   crème de cassis
pomme   manzana (?[1])
canne à sucre (vesou ou mélasse)     rhum, clairin, cachaça,
aguardiente, guaro (appellation nicaraguayenne), akpeteshie
betterave     vodka
pomme de terre       vodka, schnaps, spiritus
céréale seigle   bière de seigle   whisky de seigle, vodka
froment   bière blanche   whisky, aquavit, vodka
orge   bière, ale   whisky
maïs   Chicha   bourbon - whisky
riz   saké, mirin   shochu, soju, baijiu, mei kwei lu
sorgho   maotai, dolo  
sirop de miel   hydromel,
chouchen (appellation bretonne)
   
vin de palme  
akpeteshie
   
fruit banane   bière de banane  
abricot      
cerise   kriek   kirsch
figues       boukha
poire   poiré   eau-de-vie de poire, williamine
pomme   cidre, pommeau   calvados, lambig
prunes       damassine, sljivovica (rajkija) , tsuika
raisin Jus   vin   armagnac, brandy, pineau des Charentes, Pisco, cognac
anis     arak
Marc       grappa, tsipouro

Le degré d'alcool dans ces boissons fluctue selon le type :

  • Les vins (de 8% à 20%, généralement autour de 12 %) rouges, blancs, rosés ou pétillants.

On peut distinguer aussi parmi eux les alcools bruns (cognac, whisky.. ) des alcools blancs (rhum, vodka... )

  • Élixirs à base de plantes (environ 70%).
  • Il existe aussi les cocktails, qui sont des mélanges de différents alcools et dont la teneur en alcool peut fluctuer selon les taux des différents produits utilisés.

Réglementations à travers le monde

Discothèque à Unirea en Roumanie. Les chalets sommaires sont mis à la disposition des clients de l'établissement, la consommation d'alcool étant strictement interdite pour la conduite automobile en ce pays

L'alcool est reconnu comme un stupéfiant : sa possession, sa consommation ou son trafic peuvent être réglementés ou interdits. Les peines encourues par les contrevenants peuvent inclure la prison ferme, ou, dans certains pays islamiques, le fouet. A titre d'exemple, aux Maldives, les touristes en transit après un séjour en Inde ou au Sri Lanka se voient confisquer et mettre en consigne les bouteilles d'alcool qu'ils ont pu acheter hors taxes ; elles leur sont restituées quand ils quittent le pays.

Aux États-Unis et en Finlande, la vente d'alcool fut interdite durant la prohibition dans les années 1920.

En France, les descendants des soldats de Napoléon bénéficiaient du Privilège des bouilleurs de cru, leur servant à produire leur propre alcool. Néanmoins depuis 1959, ce privilège n'est plus transmissible par héritage.

La conduite de véhicules sous l'emprise d'un état alcoolique est une infraction dans de nombreux pays (limite à 0, 5 g/l en France et en Suisse surtout).

Le Règlement (CEE) n° 1576/89 du Conseil, du 29 mai 1989, établissant les règles générales relatives à la définition, à la désignation ainsi qu'à la présentation des boissons spiritueuses a été abrogé et remplacé par le règlement n°110/2008, entré en vigueur en mai 2008.

En particulier, il précise les degrés minimum d'alcool pour pouvoir être livrées à la consommation humaine dans la Communauté. Les boissons spiritueuses énumérées ci-après doivent présenter le titre alcoométrique volumique minimal suivant :

  • 40 % whisky/whiskey, pastis
  • 37, 5 % rhum, Rum-Verschnitt, eau-de-vie de vin, eau-de-vie de marc de raisin, eau-de-vie de marc de fruit, eau-de-vie de raisin sec, eau-de-vie de fruit, eau-de-vie de cidre ou de poiré, eau-de-vie de gentiane, gin/gin distillé, akvavit/aquavit, vodka, grappa, ouzo, Kornbrand
  • 36 % brandy/Weinbrand
  • 35 % boisson spiritueuse de céréales/eau-de-vie de céréales, anis
  • 32 % Korn
  • 30 % boisson spiritueuse au carvi (sauf akvavit/aquavit)
  • 25 % boisson spiritueuse de fruit
  • 15 % boisson spiritueuse anisée (sauf ouzo, pastis et anis)

En France les bouteilles de vin sont pourvues d'une capsule-congé.

Limites d'âge légal à travers le monde

Suivant le pays où on se trouve, l'âge à partir duquel on peut légalement consommer de l'alcool peut être différent. Pour la majeure partie l'age moyen se situe entre 18 ans et 21 ans. Cependant certains pays sont plus permissifs que d'autres.

Certains états islamiques conservateurs (l'Arabie Saoudite, le Koweit, l'Iran, l'émirat de Sharjah) interdisent complètement la consommation d'alcool.

Carte du monde montrant la limite d'âge légale pour l'achat d'alcool.

En France, la vente d'alcool aux moins de 18 ans est interdite par la loi Bachelot de mars 2009.

En France, selon l'article L. 3321-1. du code de la santé publique, les boissons sont , en vue de la réglementation de leur fabrication, de leur mise en vente et de leur consommation, réparties en cinq groupes :

  • 1er groupe, boissons sans alcool : eaux minérales ou gazéifiées, jus de fruits ou de légumes non fermentés ou ne comportant pas, suite à un début de fermentation, de traces d'alcool supérieures à 1, 2 degré, limonades, sirops, infusions, lait, café, thé, chocolat ;
  • 2e groupe, boissons fermentées non distillées : vin, bière, cidre, poiré, hydromel, auxquelles sont joints les vins doux naturels bénéficiant du régime fiscal des vins, mais aussi les crèmes de cassis et les jus de fruits ou de légumes fermentés comportant de 1, 2 à 3 degrés d'alcool ;
  • 3e groupe, vins doux naturels autres que ceux appartenant au groupe 2, vins de liqueur, apéritifs à base de vin et liqueurs de fraises, framboises, cassis ou cerises, ne titrant pas plus de 18 degrés d'alcool pur ;
  • 4e groupe, rhums, tafias, alcools provenant de la distillation des vins, cidres, poirés ou fruits, et ne supportant aucune addition d'essence mais aussi liqueurs édulcorées au moyen de sucre, de glucose ou de miel à raison de 400 grammes minimum par litre pour les liqueurs anisées et de 200 grammes minimum par litre pour les autres liqueurs et ne contenant pas plus d'un demi-gramme d'essence par litre ;
  • 5e groupe, l'ensemble des autres boissons alcoolisées.

La vente de boissons alcoolisées par les débits de boisson, est soumise en France à l'obtention d'une licence de catégorie I, II, III ou IV selon l'ou les groupes d'alcool (s) autorisé (s) à la vente par ladite licence (voir : Licence II, Licence III, Licence IV).


1° La licence de 1re catégorie, dite " licence de boissons sans alcool ", ne comporte l'autorisation de vente à consommer sur place que pour les boissons du premier groupe ;


2° La licence de 2e catégorie, dite " licence de boissons fermentées ", comporte l'autorisation de vendre pour consommer sur place les boissons des deux premiers groupes ;


3° La licence de 3e catégorie, dite " licence restreinte ", comporte l'autorisation de vendre pour consommer sur place les boissons des trois premiers groupes ;


4° La licence de 4e catégorie dite " grande licence " ou " licence de plein exercice ", comporte l'autorisation de vendre pour consommer sur place l'ensemble des boissons dont la consommation au sein demeure autorisée, y compris celles du quatrième et du cinquième groupe.


Panonceau en néerlandais interdisant l'alcool

L'absorption d'alcool a des incidences physiologiques et psychologiques diverses.

  • Troubles et dépendance. La consommation de boissons alcooliques, tant aiguë que chronique, peut mener à des troubles sévères. Voir alcoolisme, binge drinking.
  • Cancers. D'autre part l'alcool, y compris à dose modérée, accroit la probabilité de survenue de nombreux cancers. Le risque est plus élevé pour les consommations importantes[2]. A titre d'exemple, selon le Centre Mondial de Recherche sur le Cancer (CIRC), une femme consommant 50 g d'alcool par jour (5 pintes de bière ou 5 verres de vin) augmente son risque de développer un cancer du sein de 50 %. Pour 18 g/jour (2 verres) l'augmentation est de 7 %.
  • Visage. L'alcool crée une dilatation des vaisseaux sanguins, ce qui donne un visage rosé/rouge, mais aussi des yeux rougis, à quelqu'un qui a consommé énormément d'alcool.
  • L'impact cardio-vasculaire. Cette question a fait l'objet de publications contradictoires et d'une grande médiatisation. A la lecture des résultats d'enquêtes prouvant la plus faible mortalité cardiovasculaire en Grande-Bretagne qu'en France (années 1980), on a été amené à penser que la consommation modérée d'alcool réduisait le risque de survenue de maladies cardio-vasculaires mais aussi la mortalité secondaire associée à ces dernières. Cette diminution du risque a été retrouvée quel que soit le type d'alcool absorbé[3]. Ces résultats sont cependant contestés par une étude récente qui fait l'analyse critique des travaux antérieurs[4]. Selon cette étude, le phénomène reposerait en effet sur une erreur méthodologique fréquente consistant à inclure dans la catégorie des abstinents les anciens alcooliques ou anciens buveurs modérés devenus abstinents. D'autres soulignent que ces études ont été réalisées tandis que l'épidémiologie française était en retard sur la britannique[5]. Les quelques études qui ne commettent pas cette erreur ne retrouvent pas l'effet protecteur même pour une quantité d'alcool modérée. Le nombre d'études qui s'appuient sur une méthode correcte est trop faible pour qu'il soit envisageable à ce stade de tirer une conclusion sûre.
  • On a longtemps cru, à tort, que «l'alcool donnait des forces» ou qu'il réchauffait.

Globalement, en dépit des quelques effets positifs peut-être observés, l'alcool reste un problème de santé publique majeur en France. Ainsi «les morts violentes ou directement liées à l'alcool (cancers des voies aérodigestives supérieures, mais également cirrhose) sont à peu près trois fois supérieures de ce côté-ci de la Manche»[6]. Au sein de l'impact cardiovasculaires, l'effet de l'alcool est aussi contrasté : «On a constaté qu'une consommation modérée s'accompagne d'un progrès du profil lipidique (augmentation du HDL cholestérol) et d'une diminution de la coagulation ; les accidents cardiaques par obstruction (athérome, thrombose) seraient par conséquent diminués. Par contre, la consommation d'alcool provoque une élévation de la pression artérielle, par conséquent une augmentation du risque d'accident cardiovasculaire par hémorragie»[7].

Ce tableau est un extrait du tableau publié à la page 182 du rapport sur la dangerosité des produits par le professeur Bernard Roques et adressé au Secrétaire d'État à la Santé de l'époque, M. Kouchner, à l'issue des Rencontres Nationales sur l'Abus de drogues et la toxicomanie (France, juin 1998).

Facteurs de dangerosité des drogues
Héroïne
(opioïdes)
Alcool Tabac Cocaïne Extasy Speed Psychostimulants Benzodiazépines Cannabinoïdes
(dérivés du Chanvre
)
Dépendance physique très forte très forte forte faible très faible faible moyenne faible
Dépendance psychique très forte très forte très forte forte mais intermittente faible moyenne forte faible (exceptions envisageable)
Neurotoxicité faible forte faible forte très forte (?) forte très forte faible
Toxicité générale forte
(nulle pour méthadone et morphine en usage thérapeutique)
très forte forte forte peut-être forte forte très forte très faible
Dangerosité sociale très forte très forte (cancer) très forte faible (?) faible
(exceptions envisageables)
faible
(sauf conduite automobile)
faible

Consommation

  • En France, 19 % des personnes déclarent consommer de l'alcool l'ensemble des jours.

Dépendance

  • En France, 2 millions de personnes seraient dépendantes à l'alcool.

Mortalité

  • Le ministère de la santé et des solidarités estime que l'alcool est responsable de 40 000 décès chaque année en France (chiffre 2000) et l'alcool est un cancérogène[8], même à faible dose.
  • En France vers 2007, l'alcool serait responsable de 45.000 décès par an, soit la seconde cause de "mortalité évitable" après le tabac[9]. L'alcool serait à l'origine de 16 % des décès masculins de 3 % des décès féminins car il fait partie des facteurs d'apparition de nombreuses maladies (cancer du sein, cancer de l'œsophage, troubles mentaux), sans compter les accidents de la route[10].

Coût social

  • En France vers 2007, le coût social de l'alcool est évalué à plus de 37 milliards d'euros (pertes de productivité, pertes de revenus, coût des accidents, etc. ). Les dépenses de santé liées à l'alcool s'élèvent à plus de 6 milliards d'euros[11].

Le vin tient une place spécifique dans le christianisme, représentant la sang du Christ, de même que le pain représente son corps. Il est par conséquent un élément de cérémonie et de symbolique. Il joue surtout un rôle dans les Evangiles au moment des Noces de Cana.

L'alcool participe à certaines évocations dans les messes catholiques. Le vin, le plus souvent rouge, devient le sang du Christ dans la consécration opérée lors de la messe célébrée par un prêtre catholique, peu avant la communion, ou sacrement d'eucharistie. Ce phénomène est désigné par le terme de transsubstantiation.

Cependant, certains mouvements chrétiens, comme l'adventisme, considèrent que les boissons alcoolisées sont mauvaises pour le corps. Ils en déconseillent par conséquent la consommation, comme celle d'autres narcotiques. Le mormonisme va jusqu'à interdire ces dernières.

L'alcool consommable est strictement interdit par l'islam, et c'est un consensus de l'unanimité des théologiens musulmans. Cependant, cela n'a pas empêché que des habitants vivant dans des pays à majorité musulmane aient produit et produisent toujours des boissons alcoolisées, comme le rakı en Turquie ou la boukha en Tunisie.

  1. Pas de source concernant le mode d'aromatisation (macération ou distillation)
  2. (fr) Communiqué du 11 décembre 2007 de l'Institut National Du Cancer
  3. (en) Review of moderate alcohol consumption and reduced risk of coronary heart disease : is the effect due to beer, wine, or spirits?, Eric B Rimm, Arthur Klatsky, Diederick Grobbee, Meir J Stampfer, BMJ 1996;312 :731-736
  4. (en) Moderate alcohol use and reduced mortality risk : Systematic error in prospective studies, Kaye Middleton Fillmore, William C. Kerr, Tim Stockwell, Tanya Chikritzhs, Alan Bostrom, Addiction Research & Theory, Volume 14, Issue 2 April 2006, pages 101-132
  5. Article La Tribune-Le Panorama du médecin, 10 septembre 2007
  6. Article La Tribune-Le Panorama du médecin, 10 septembre 2007
  7. Article La Tribune-Le Panorama du médecin, 10 septembre 2007
  8. Rapport Alcool et risque de cancer (60 pages), Institut national du Cancer, et réseau Nacre, 2008)
  9. Article La Tribune-Le Panorama du médecin, 10 septembre 2007
  10. Article La Tribune-Le Panorama du médecin, 10 septembre 2007
  11. Article La Tribune-Le Panorama du médecin, 10 septembre 2007

  • Marek Chebel Anthologie du vin et de l'ivresse en islam (Le Seuil, 2004)

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