Boulimie

La boulimie est un des troubles des conduites alimentaires, qui se définit par un rapport pathologique à la nourriture se manifestant par des ingestions excessives d'aliments, de façon répétitive et durable.



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Borderline - Trouble des conduites alimentaires - Dépendance comportementale

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Définitions :

  • Trouble du comportement alimentaire consistant à ingérer une grande quantité de nourriture, et suivi d'un comportement compensatoire de purge... (source : fr.wiktionary)
  • "La boulimie se manifeste par un besoin incontrôlable d'absorber une grande quantité d'aliments. Fréquemment cette absorption massive est suivie de vomissements et d'un usage excessif de laxatifs. La personne boulimique a un poids normal ou proche de la normale....... (source : aapel)
  • trouble psychique caractérisé par un appétit excessif et l'ingestion de grande quantité de nourriture (avec ou sans vomissements). (source : hypnose-ericksonienne)

La boulimie est un des troubles des conduites alimentaires, qui se définit par un rapport pathologique à la nourriture se manifestant par des ingestions excessives d'aliments, de façon répétitive et durable. Pour compenser l'excès de calories ingérées, ou pour se soulager de sentiments tels que colère, dégoût, pression scolaire, etc. la personne boulimique a recours à un ou plusieurs des actes suivants :

Causes

Les causes de la boulimie sont complexes et multiples et sont issues d'une combinaison de facteurs émotionnels, comportementaux, psychologiques et sociaux. Ces facteurs sont paradoxalement particulièrement proches de ceux de l'anorexie mentale, les deux maladies étant souvent liées. Un même patient peut souffrir d'une combinaison des deux maladies, ou d'une alternance d'anorexie et de boulimie.

La boulimie peut être isolée comme symptôme. Mais elle peut aussi se rencontrer avec d'autres troubles : les syndromes dépressifs, les troubles anxieux de la personnalité, des conduites addictives (comorbidité).

De 30 à 60% des personnes qui souffrent de troubles alimentaires souffrent d'un trouble de la personnalité de type borderline. La boulimie est alors un symptôme[1].

Les personnes touchées utilisent fréquemment la nourriture et le contrôle sur la nourriture pour trouver un moyen de compensation pour des émotions et des sentiments qui semblent indomptables ou insurmontables.

Pour certains, jeûner, ingérer des aliments d'une manière excessive et se faire vomir peut être comme une façon de surmonter ces émotions complexes et d'avoir l'impression de maîtriser sa vie.

Finalement, ces comportements vont nuire à la santé physique et psychique.

Abus sexuel et boulimie

Waller[2] a montré que 40% des femmes boulimiques ayant subi une violence sexuelle dans leur enfance ont des comportements de vomissement et des crises de fringale plus importants que les autres, en particulier si l'abus sexuel était intrafamilial, violent et précoce (avant 14 ans). On observe dans ces cas une dévoration compulsive, frénétique et autodestructrice.

Diagnostic

Qui est touché ? 

La boulimie est plus fréquente que l'anorexie, et elle lui est fréquemment associée. Elle touche plus volontiers les femmes que les hommes (9/10), surtout la femme jeune, débutant fréquemment en fin d'adolescence (18-19 ans), et concerne en France 3% des adolescentes.

Cependant, ces chiffres peuvent être faussés à la baisse du fait de la difficulté à détecter la «boulimie avec purge» (vomissement, lavement, ... ) qui ne montre pas les stigmates habituelles d'obésité ou de maigreur morbide.

On note une corrélation entre Trouble du Comportement Alimentaire (Boulimie et Anorexie) et Trouble de la sexualité. Une proportion anormalement élevée de cas d'abus sexuel lors de l'enfance et de l'adolescence a été soulignée par plusieurs études épidémiologiques.

Une interprétation psychiatrique voit la boulimie comme une réaction de défense contre la séduction et l'acte sexuel par la déformation du corps (obésité surtout) ; au contraire de l'anorexie qui viserait les mêmes objectifs en ramenant le corps à l'état prépubère (aménorrhée surtout).

Comment se manifeste la maladie ? 

La boulimie entraîne des comportements compulsifs de consommation de nourriture, en grande quantité, sur un court laps de temps. Les aliments choisis sont assez stéréotypés : aliments particulièrement caloriques, volontiers sucrés (gâteaux, crèmes, glaces, ... ) quelquefois salés (charcuterie, fromages, ... ). Le déroulement de la crise est marqué par un début brutal, avec sensation de malaise, de vide, de grande anxiété, que le patient ressent comme spécifiquement pénible, et que l'ingestion massive et brutale de nourriture pourra calmer. Ce paroxysme anxieux se solde par conséquent par la crise boulimique elle-même, avec excès alimentaire, fréquemment accompagné de culpabilité, de perte de contrôle, et de sentiment de détresse face au trouble ainsi qu'à la honte d'avoir cédé à la pulsion. La crise peut durer jusqu'à ce que le malade ressente de violentes douleurs abdominales, signe que l'estomac est rempli, et signant fréquemment la fin de la crise. Le patient est alors fréquemment en prise à un malaise physique (associée à la douleur morale, la culpabilité, la honte) qui se résout fréquemment par des vomissements volontaires. Ces prises alimentaires sont fréquemment associées à un maintien du poids, à cause des tactiques de contrôle du poids plus ou moins dangereuses ou inefficaces : vomissements, prise de laxatifs, exercice physique, crise d'anorexie, diurétiques, lavements, médicaments coupe-faim.

Quels sont les critères pour retenir ce diagnostic ?

Complications

Des complications quelquefois graves ont été notées : œsophagite (liée aux vomissements répétés), rupture œsophagienne ou gastrique (par absorption massive d'aliments), des troubles ioniques (en rapport avec l'utilisation de diurétiques ou de laxatifs) pouvant aller jusqu'à des arythmies cardiaques, et des complications dentaires. Ces complications peuvent faire prendre conscience au sujet des risques qu'il encourt : par exemple vomir du sang peut être un choc pour le/la boulimique et faire diminuer ses crises. Mais il est envisageable tandis qu'il/elle se tournera vers d'autre addictions pour combler son besoin d'à la fois contrôler son corps et sa vie ainsi qu'à la fois les détruire.

Évolutions de la maladie

Traitement

Les aides psychologiques les mieux évaluées sont les psychothérapies cognitivo-comportementales. Les résultats sont toujours controversés. Mais elles semblent plus efficaces que des traitements médicamenteux tels que la fluoxétine.
D'autres psychothérapies sont utilisées, mais leurs évaluations comparatives sont toujours plus pauvres : psychothérapie psychanalytique ou d'inspiration psychanalytique, thérapies systémiques familiales, psychothérapie interpersonnelle.
On y associe une thérapie nutritionnelle. Mais fréquemment les résultats obtenus par celle-ci ne durent pas, ce qui prouve que la boulimie est un symptôme.
Une thérapie qui vise surtout le trouble de la personnalité sous-jacent à la boulimie donnera plus de résultat. Cette thérapie peut se faire en individuel, mais (comme dans le cas des personnalités alcooliques ou toxicomanes) elle est plus performante quand il s'agit d'une thérapie de groupe. Il existe aussi des groupes de soutien, sur le modèle des Alcooliques Anonymes : les Outremangeurs Anonymes. La prise en charge doit aussi faciliter l'insertion sociale, familiale, scolaire. Rarement, des antidépresseurs seront prescrits, pour surmonter un cap spécifiquement pénible.

Notes

  1. Boulimie et trouble de la personnalité [1]
  2. Waller, Sexual abuse and the severity of bulimic symptoms, Brit. J. Psychiatry, 1992, 161 :90-93.
  3. 50% des patients n'ont plus de symptômes après 5 à 10 ans
  4. 20% des patients présentent toujours de la boulimie après 5 à 10 ans de suivi
  5. Pulsions et destin des pulsions, Métapsychologie, Freud, 1915

Bibliographie

"Fluoxétine, Boulimie : pas de progrès" et "Boulimie : les traitements symptomatiques sont peu efficaces", in revue Prescrire n0 275, p. 568 et 602 à 607, septembre 2006

Voir aussi

Liens externes

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