Prévention
La prévention est une attitude et/ou la totalité de mesures à prendre pour éviter qu'une situation ne se dégrade, ou qu'un accident, une épidémie ou une maladie ne survienne.
Catégories :
Premiers secours - Santé publique - Cindynique - Appui psychosocial
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Définitions :
- Ensemble de mesures prises ou d'actions entreprises pour diminuer les conséquences d'une pathologie.... (source : mutuelleprevoyancesante)
- Soins axés en tout temps sur la prévention globale des maladies, qu'il s'agisse d'une maladie principale ou de maladies connexes, de troubles nouveaux ou différents. (source : hc-sc.gc)
- Les projets de prévention contribuent à diminuer les émissions de gaz à effet de serre et par conséquent à lutter contre le changement climatique.... (source : campagneoecumenique)
La prévention est une attitude et/ou la totalité de mesures à prendre pour éviter qu'une situation (sociale, environnementale, économique.. ) ne se dégrade, ou qu'un accident, une épidémie ou une maladie ne survienne. Elle consiste ;
- à limiter le risque, c'est la prévention proprement dite : mesures visant à prévenir un risque en supprimant ou en réduisant la probabilité d'occurrence du phénomène dangereux ;
- à prévoir des mesures pour combattre le «sinistre» si ce dernier survient, c'est la prévision ; on parle aussi de protection : mesures visant à limiter l'étendue ou/et la gravité des conséquences d'un phénomène dangereux, sans en modifier la probabilité d'occurrence.
La science qui étudie le risque est la cindynique.
La prévention, à une «juste mesure et au bon moment», et par conséquent bien définie est principale en médecine et épidémiologie : l'action la plus efficace est a priori celle qui limite le risque qu'il y ait des victimes. Mais une vision à long terme est indispensable, car une prévention qui semble pertinente et efficace à court terme peut avoir à long terme un effet inverse de celui qui était recherché (ainsi «trop d'hygiène» ne donnant la possibilité plus à l'individu d'entretenir une immunité normale face aux microbes et parasites, ou une utilisation préventive d'antibiotique (en médecine ou dans l'alimentation animale) peut conduire à des phénomènes d'antibiorésistance et maladies nosocomiales à grande échelle, de même semble-t-il qu'augmenter le risque de maladies auto-immunes.
Dans le cas d'actions ou d'inaction susceptibles d'avoir des conséquences en chaine («effet domino» ou «boule de neige»), le comportement individuel (hygiène de vie, réduction de la prise de risque) a quelquefois tout autant d'importance que la stratégie du groupe. C'est le cas pour les maladies contagieuses et/ou sexuellement transmissibles, mais pour énormément d'autres facteurs de risque comme le relevait Marc Lalonde en 1974 dans un rapport pour le ministère de la Santé canadien :
- Parmi les forces adverses [qui viennent freiner les efforts visant à hausser le niveau de vie des Canadiens], mentionnons : la pollution de l'environnement, la vie en milieu urbain, le manque d'exercice, l'abus d'alcool, du tabac et des drogues, et enfin, les habitudes alimentaires aujourd'hui qui sont axées davantage sur la satisfaction des sens que sur les besoins du corps humain. [1]
Prévention des accidents
Accident, facteurs et sensibilisation
Un accident est toujours la rencontre de plusieurs facteurs, dont fréquemment le hasard et/ou une négligence. En effet, s'il n'y a pas de négligence ou de hasard, il s'agit alors d'un crime, au sens large du terme : une action délibérément nuisible, malveillance, sabotage... Quand il n'y a pas de négligence mais uniquement un hasard, on parle de calamité ou de catastrophe naturelle.
La prévention consiste par conséquent en premier lieu à essayer de prévoir les facteurs pouvant conduire à l'accident. Quand un accident se produit, il faut analyser ces facteurs (arbre des causes) afin d'éviter qu'un accident identique ne se reproduise (capitalisation de l'expérience).
Un des principaux moyens de prévenir les accidents consiste à informer les personnes soumises au risque. En effet, dans la mesure où il y a toujours au moins une négligence, il faut tenter d'influer sur les comportements pour diminuer ce facteur. La première étape de l'information est généralement la sensibilisation : faire comprendre aux personnes quel est le risque et pourquoi il est indispensable de changer (ou de maîtriser) son comportement.
Accident, danger et risque
Définitions
- Accident
- L'accident peut être défini comme un événement tout à coup, dommageable et non désiré, ayant pour conséquence des dégâts sur les personnes, les biens ou l'environnement.
- Danger
- L'accident étant la conséquence de plusieurs facteurs, si on supprime un seul facteur, on peut éviter l'accident, mais ce dernier reste toujours probable : on est en situation de danger. On pourrait définir un danger comme une situation dans laquelle il ne manque qu'un seul facteur pour qu'il y ait un accident.
- A titre d'exemple, pour qu'il y ait une explosion de gaz, il faut un mélange explosif et une source d'énergie (étincelle, flamme... ). Si on est en présence d'un mélange explosif qui n'a pas encore explosé, il n'y a pas encore d'accident, mais il y a un danger.
- Risque
- Le risque pourrait être défini comme une action pouvant mener à un danger, c'est-à-dire que l'action est un facteur pouvant mener à l'accident, en effectuant l'action, on s'approche de l'accident ; mais on n'est pas sûr que cela va déboucher sur l'accident : le comportement à risque ne débouche que rarement sur un accident, on a par conséquent souvent l'impression que ce comportement est inoffensif.
- Exemple d'une personne qui traverse une voie de chemin de fer en dehors d'un passage protégé. Il n'y a de danger que si un train approche ; même dans ce cas-là, il n'y a pas obligatoirement accident, la personne pouvant réussir à traverser de justesse ou bien avoir le réflexe de se jeter en arrière. S'il n'y a pas de train à l'approche, il n'y a pas de danger, mais il y a tout de même un risque, car le train roulant vite et la voie n'étant visible que sur quelques centaines de mètres, on ne peut pas savoir s'il y a danger.
- Exemple d'un accident de la circulation. On a une route simple à deux voies en côte et une voiture doublant une autre voiture en montant la côte. Si une voiture circule en sens inverse, on a un danger qui n'est pas vu (puisque cette voiture est cachée par le sommet de la pente), danger qui peut se transformer en accident (choc frontal), mais qui peut aussi se résoudre sans dégât (par exemple la voiture doublant réussit à se rabattre grâce au coup de frein de la voiture doublée et de la voiture venant de face). Si aucune voiture ne vient en face, il n'y a alors pas de danger, mais le conducteur doublant n'a aucun moyen de le savoir, il prend un risque.
Le risque est par conséquent un danger potentiel qui lui-même est un accident potentiel ; par conséquent, le risque n'est fréquemment pas perçu comme tel, mais il peut bel et bien mener à l'accident. C'est là qu'est toute la difficulté de la sensibilisation...
"Le risque de danger" veut dire par conséquent "la probabilité de survenance d'un événement dommageable".
Analyse bénéfice/risque et protection/contrainte
Les comportements humains font suite à une prise de décision (si on excepte les réflexes). Cette prise de décision s'appuie généralement sur une analyse plus ou moins consciente de type «coût/gain» (dans le sens large et non pas financier), ou plutôt coût estimé/gain attendu, le coût estimé et le gain attendu étant plus ou moins éloignés des coût et gain réels.
Hors comportements suicidaires ou «acte manqué», la personne qui décide de prendre le risque le fait car à son avis le bénéfice (gain) vaut le risque encouru (le coût étant ici la probabilité et la gravité de l'éventuel accident). Si le comportement est à risque, c'est exactement que l'estimation faite par la personne est fausse, il ne s'agit pas d'une analyse rationnelle mais d'a priori, d'idées reçues, d'impressions.
- Exemple d'un conducteur qui a l'impression qu'en accélérant au-delà de la limite de vitesse, il arrivera plus tôt à sa destination tout en n'augmentant pas le risque d'accident. L'estimation du gain (de temps) et du coût (risque d'accident) sont l'ensemble des deux faussés.
De même, le respect d'une mesure de sécurité est une contrainte (un coût) qui apporte une protection (gain). Si une personne ne respecte pas une consigne de sécurité, c'est qu'à son avis, la protection apportée ne justifie pas la contrainte.
- Exemple du cycliste qui a l'impression que le port du casque est contraignant (chaleur) et n'est pas indispensable (la vitesse est faible comparé aux motocyclettes). Ici encore, l'estimation du gain (protection contre les traumatismes crâniens) et du coût (casque supposé inconfortable) sont faussés.
Pour amener les gens à respecter un règlement de sécurité, on peut donc :
- diminuer le coût de la mesure de prudence
diminuer la contrainte, par exemple en soutenant financièrement l'acquisition du système de sécurité, en étudiant un système plus confortable (ergonomie) ; - augmenter le bénéfice perçu de la mesure de prudence
par exemple en valorisant l'attitude responsable (estime de soi), en accompagnant l'acquisition d'un «cadeau» (par exemple diminution de la prime d'assurance) ; - augmenter le coût et diminuer le gain de l'attitude imprudente
sanctionner les manquements aux obligations de prudence (par exemple amende et retrait de points sur le permis en cas de dépassement des limitations de vitesse ou oubli du port du casque, malus sur la prime d'assurance en cas de responsabilité dans un sinistre) ; rendre les produits néfastes moins disponibles ou plus chers (par exemple augmentation du prix des cigarettes, suppression des distributeurs de friandises dans les écoles) ; - favoriser la réflexion sur l'analyse coût/gain
sensibiliser, éduquer pour montrer les erreurs d'analyse, et que la mesure proposée/imposée est justifiée.
Estimation du risque
L'estimation du risque est fréquemment faussée par des idées reçues. Ce décalage entre l'estimation et la réalité peut avoir plusieurs causes, surtout :
- la gravité perçue d'un accident ; l'horreur ressentie d'une situation va augmenter l'importance réelle du risque ; par exemple, les accidents d'avion apparaissent spécifiquement mortels et d'autant plus choquants qu'on s'identifie aux victimes ; néenmoins, le risque est faible (le nombre de morts dans le monde est dix fois inférieur au nombre de morts sur la route en France [1]) et fumer conduit à une probabilité énormément plus élevée d'agonie par cancer du poumon plus longue et plus douloureuse que celle-ci) ;
S'ajoute à ceci un renforcement par la résonance des médias qui peuvent par exemple renforcer l'impression d'insécurité lorsqu'il s relatent des homicides, tandis que ceux-ci ne représentent en France qu'environ 400 morts par an (0, 7 décès pour 100 000 habitants contre 17, 5 pour les suicides et 12, 9 pour les accidents de la route [2]).
- D'autre part, le risque estimé est comparé avec un «risque acceptable» : étant évident que le «risque zéro » n'existe pas d'une part, et d'autre part qu'un bénéfice ne peut s'acquérir qu'en courant un risque, chaque personne évalue implicitement un risque acceptable, qui est le danger qu'elle accepte de courir, l'accident qu'elle trouve normal de subir, par exemple comme sanction d'échec ou fatalité. Cette notion de risque acceptable comporte des dimensions sociales et psychologiques. A titre d'exemple, pour la plupart de citoyens français, les accidents de la route sont acceptables tandis qu'ils causent de nombreux morts et qu'on peut agir par un comportement individuel ; à l'inverse, une inondation sur laquelle on ne peut agir et qui fait peu de victimes paraît intolérable.
Cette double source d'irrationalité interfère avec la prise de risque : irrationalité de l'estimation du risque, et irrationalité de la référence (risque acceptable).
Pour estimer de manière plus précise les risques sans a priori, il faut par conséquent se reporter aux statistiques. En France, les décès sont essentiellement dus [3] [4] :
| Classement | Cause | Nombre de morts annuel |
Nombre de morts pour 100 000 habitants |
|---|---|---|---|
| 1 | maladies cardiovasculaires | 165 000 | 266 |
| 2 | cancers | 150 000 | 241 |
| 3 | maladies infectieuses [5] | 36 000 | 58 |
| 4 | accidents domestiques | 20 000 | 32 |
| 5 | suicides | 12 000 | 17, 5 |
| 6 | accidents de la route | 7 500 | 13 |
| 7 | accidents du travail et maladies professionnelles | 7 000 | 11 |
Note : les chiffres proviennent de plusieurs sources et peuvent correspondre à des années différentes, il ne faut par conséquent les considérer que comme des ordres de grandeur ; se reporter aux références pour plus de détails
Cette analyse dépend évidemment de la manière dont on répartit les causes de décès. Si on considère par exemple non pas la pathologie menant au décès mais le comportement ayant favorisé la pathologie, on voit que
- l'obésité cause 178 000 morts par an (287 pour 100 000 hab. ),
ce qui en ferait par conséquent la première cause de décès ; - la cigarette cause 60 000 morts par an (97 pour 100 000 hab. ),
dont 25 000 par cancer du poumon (soit 90 % des cancers du poumon), 15 000 à 40 000 par bronchite chronique (broncho-pneumopathie chronique obstructive ou BPCO) ; - l'alcoolisme cause à peu près 45 000 décès par an (73 pour 100 000 hab. ) :
23 000 décès directs (11 000 cancers des lèvres, de la bouche, du pharynx et du larynx, 9 000 cirrhoses, 2 500 par alcoolo-dépendance), et 22 000 morts indirectes (troubles mentaux, maladies cardiovasculaires, accidents... ) ; l'ensemble des ans, 5 000 à 7 000 bébés naissent en France avec des malformations graves à cause de l'alcoolisme de la mère. L'alcool est désormais un cancérogène reconnu (plus toujours s'il est associé au tabac), et comme désinhibiteur, il facilite de nombreuses conduites à risque (dont par exemple actes violents, rapports sexuels non protégés, conduite dangereuse... ).
Prévention des maladies
Le problème est plus complexe pour différentes raisons :
- Les causes en sont moins évidentes : la relation entre tabac et maladies cardio-vasculaires n'a pu être prouvée qu'après de nombreuses études épidémiologiques incluant plusieurs dizaines de milliers de personnes suivies pendant de nombreuses années.
- L'efficacité de la prévention est moindre, s'agissant fréquemment seulement d'une réduction du risque et non son abolition (mis à part, peut être, la vaccination qui permet quelquefois d'exclure la maladie concernée).
- L'évaluation des résultats de la prévention est aussi plus complexe à réaliser (études interventionnelles). Elle est indispensable et peut révéler quelquefois des surprises : dans les années 1980, certains médicaments anti-arythmiques, donnés en prévention de la mort subite de l'adulte (arrêt cardio-respiratoire), ont finalement entraîné plus de décès que chez un groupe de patients non traités.
- Elle est quelquefois plus coûteuse, au point de poser des problèmes de santé publique : On sait que le défibrillateur implantable est efficace dans la prévention de la mort subite chez certains patients bien ciblés, mais le coût important de cette technique limite sa diffusion actuelle.
- L'information est quelquefois biaisée par des intérêts financier ou de pouvoir : l'intérêt des alicaments, qui bénéficient d'une large publicité, n'est que néenmoins rarement prouvé.
On peut distinguer classiquement la prévention primaire visant à éviter la maladie chez le patient n'ayant jamais été malade, de la prévention secondaire conçue pour diminuer les suites et la gravité de l'affection chez un patient ayant déclaré la maladie ou visant à dépister plus tôt la maladie dans les populations présentant un risque important de déclaration de cette dernière. La prévention tertiaire, enfin, cherche à empêcher les complications ou les rechutes.
La médecine préventive est membre de la santé publique.
Niveaux de prévention
L'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) définit trois niveaux de prévention :
- La prévention primaire : Ensemble des actes conçus pour diminuer l'incidence d'une maladie, par conséquent à diminuer la naissance des nouveaux cas. En agissant en amont cette prévention empêche la naissance des maladies, elle utilise l'éducation et l'information auprès de la population.
- La prévention secondaire : Ensemble d'actes conçus pour diminuer la prévalence d'une maladie, par conséquent à diminuer sa durée d'évolution. Intervient dans le dépistage de l'ensemble des maladies et comprend le début des traitements de la maladie.
- La prévention tertiaire : Ensemble des actes conçus pour diminuer la prévalence des incapacités chroniques ou des récidives dans la population, par conséquent à diminuer les invalidités fonctionnelles dues à la maladie. Agit en aval de la maladie pour limiter ou de diminuer les conséquences de la maladie et d'éviter les rechutes. Dans ce stade de prévention les professionnels s'occupent de la réeducation de la personne et de sa réinsertion professionnel et sociale.
A noter qu'une autre prévention existe :
- La prévention quaternaire : Consiste en l'accompagnement du mourant, c'est la totalité des traitements et soins palliatifs donnés par les professionnels de santé. Car toute personne a le droit de mourir dignement et sans souffrance. D'une façon plus générale, la prévention quaternaire est la totalité des actions menées pour identifier un patient ou une population à risque de surmédicalisation, le protéger d'interventions médicales invasives, et lui proposer des procédures de soins éthiquement et médicalement acceptables.
Hygiène de vie
Le comportement à risque ne consiste pas seulement à faire des actions dangereuses ; quand on considère les principales causes de décès, on voit que le comportement quotidien (l'alimentation, la sédentarité…) peut être reconnu comme la première cause de décès.
On peut diminuer les risques de maladie cardiovasculaire et de cancers, de manière assez simple et sans danger, en adoptant ces comportement :
- en mangeant des fruits et légumes, au moins 800 g par jour (soit à peu près cinq portions par jour) : ils contiennent des anti-oxydants qui diminuent les risques de cancers, ils «remplissent le ventre» sans apport excessif de graisses et de sucres ; l'Organisation mondiale de la santé estime qu'un apport suffisant en fruits et légumes permettrait de diminuer de 3 millions les décès dus aux maladies cardiovasculaires et cancers [6] [7] [8]. Chez les non-fumeurs, le cancer qui a le potentiel de prévention principal est le cancer colorectal : on estime que les 3/4 des cancer du côlon pourraient être évités par une meilleure hygiène de vie. Cela a été démontré surtout par l'étude SU. VI. MAX
- en préparant soi-même ses repas : les industriels agro-alimentaires ayant tendance à mettre des additifs pas chers pour augmenter le poids de leurs produits (sel, graisses, sucre), il est par conséquent préférable de préparer soi-même ses repas à partir de produits frais ;
- en ayant une activité physique minimale équivalente à une demi-heure de marche par jour, ou mieux en pratiquant un sport régulièrement ;
- en ne fumant pas et en ne buvant que modérément ;
- en évitant les expositions excessives au soleil en été, en particulier chez les jeunes enfants (risque de développement de cancers de la peau).
Quatre facteurs de mode de vie peuvent faire fluctuer de 14 ans l'espérance de vie. Une équipe de chercheurs de l'université de Cambridge (Royaume-Uni), en partenariat avec le Medical Research Council, a mené une enquête sur 20.244 individus pendant 14 ans (1993-2007), dont 1.987 sont décédés en cours d'enquête, pour déterminer l'impact du mode de vie sur l'espérance de vie[2]. L'étude conclu que le "mode de vie parfait" - absence de tabac, consommation d'alcool égale ou inférieure à un demi verre par jour, consommation de 5 fruits et légumes par jour, exercice physique d'une demi heure par jour - majore l'espérance de vie de 14 ans comparé au cumul de quatre facteurs de risque[3]. Le cumul des quatre facteurs de risque (tabac, alcool, manque de fruits et légumes et d'exercice physique) multiplie le risque de décès par 4, 4, trois facteurs, de 2, 5, deux facteurs de près de 2 et 1 facteur de 1, 4. Selon le professeur Kay-Tee Khaw, premier signataire de l'étude, "c'est la première fois qu'on analyse l'effet cumulé des facteurs de risque sur la mortalité. "[4].
Prévention de la santé
En France, les cancers sont la première cause de mortalité et les maladies infectieuses la troisième.
Cette mortalité concerne en particulier les personnes âgées, à l'exception du sida ; on est par conséquent tenté de penser qu'il s'agit là d'un phénomène «normal» touchant les personnes en fin de vie. Cela serait oublier que les maladies infectieuses ont été pendant des millénaires la première cause de mortalité infantile comme adulte — c'est d'ailleurs toujours la première cause de mortalité dans le monde [9], principalement dans les pays en voie de développement [10] — et que leur régression est due certes aux progrès des soins médicaux, ainsi qu'à la prévention : hygiène et vaccinations. D'ailleurs, les populations jeunes des pays développés ayant perdus ces notions sont spécifiquement exposées, comme les sans domicile fixe.
Outre une bonne hygiène de vie (alimentation, exercice, éviter les comportements à risque, cf. section ci-dessus) qui permettent d'avoir un meilleur état de santé général (donc de mieux résister aux infections) et d'éviter les cancers, il faut aussi insister sur :
- l'hygiène corporelle : se laver, surtout se laver les mains avant un repas et après être allé aux toilettes, se brosser les dents deux fois par jour ;
- l'hygiène ménagère : stockage des ordures dans des poubelles dédiées et ramassées régulièrement par les services municipaux, évacuation des eaux usagées vers une fosse septique vidangée régulièrement ou vers les égouts, rangement et nettoyage de l'habitation, aération pour éviter les pollutions intérieures (acariens, produits organiques volatils) et par conséquent les allergies et les maladies respiratoires ;
- les vaccinations : si certaines maladies ont presque disparu en France (comme le tétanos, ou la rougeole qui continue à causer 900 000 morts par ans dans le monde), c'est grâce aux vaccinations ; la vaccination des personnes âgées contre la grippe est recommandée ;
- dépistage : la détection précoce d'une maladie sert à démarrer son traitement plus tôt et par conséquent de diminuer la mortalité ; il est recommandé de faire au moins une visite médicale par an ; pour les maladies sexuellement transmissibles, il existe en France des centre anonymes et gratuits de dépistage ;
- prophylaxie : dans certaines conditions, il est envisageable de prendre des mesures préalables pour diminuer le risque de contacter une maladie, par exemple utiliser un préservatif pour diminuer le risque de contracter une maladie sexuellement transmissible, prendre des médicaments contre le paludisme lors d'un voyage dans un pays impaludé...
Il faut aussi prendre précautionneusement les médicaments prescrits par un médecin, en lisant toujours les notices accompagnatrices, riches en informations (effets secondaires, interactions avec d'autres médicaments, recommandations... ) et ne pas hésiter à questionner le médecin ou le pharmacien en cas de doute. Les effets peuvent ne pas être immédiats, et il faut continuer le traitement jusqu'à la fin même en cas d'amélioration et disparition des symptômes, surtout dans le cas des antibiotiques : la disparition des symptômes veut dire la diminution du nombre de germes, mais pas leur disparition, si on interrompt le traitement trop tôt, ceux-ci peuvent se re-développer, et devenir résistants à l'antibiotique.
Il faut aussi limiter l'automédication aux seuls médicaments en vente libre, après conseil du pharmacien et lecture de la notice ; il ne faut pas reprendre un médicament prescrit par le médecin même si les symptômes semblent les mêmes, par exemple, une angine peut être virale ou bactérienne, les symptômes sont identiques mais le traitement différent. Surtout, les antibiotiques sont sans effet sur les virus. Notons aussi que les intoxications médicamenteuses causent 600 morts par an.
Le rôle de la collectivité (l'état) est essentiel, pour organiser l'hygiène collective, le suivi de la santé, l'information et la sensibilisation.
Prévention de la mortalité infantile dans les pays en voie de développement
On estime que six millions d'enfants de moins de cinq ans meurent par an. Selon Bryce et coll. [5], on pourrait aisément diminuer la mortalité infantile dans les pays en voie de développement par un programme préventif à bas coût (estimé à 1, 23 USD par enfant, 4, 6 milliard d'USD par an pour les 42 pays concentrant 90 % des cas de mortalité infantile), comprenant douze mesures :
- traitement antipaludéen prénatal,
- vaccination anti-tétanos des femmes enceintes,
- délivrance d'antirétroviraux avant l'accouchement et programme d'alimentation artificielle pour les enfants nés de mères VIH positives,
- amélioration des soins néonataux (accouchement par un professionnel entraîné, surveillance de la température, antibiotiques en cas de rupture prématuré des membranes ou de sepsis, administration de corticoïdes si indispensable),
- incitation à l'allaitement maternel,
- délivrance de moustiquaires traitées aux insecticides,
- vaccination contre l'Hæmophilus influenzæ de type b (Hib),
- supplémentation en zinc et en vitamine A,
- suppléments alimentaires entre 6 et 9 mois,
- assainissement de l'eau
- vaccination contre la rougeole.
Cette démarche préventive se ferait au cours de 18 contact dans les cinq premières années, tandis que le traitement curatif de ces maladies et carences nécessite en moyenne 35 contacts au cours de cette période.
Prévention des inadaptations sociales
Parmi les actions de l'Éducation spécialisée en France il existe une forme d'action appelée "Prévention Specialisée". Cette action est quelquefois, ecrite et appelée, "la P. S". On peut retrouver cette maniére de la prévention dans de nombreux rédigés et propos des travailleurs sociaux, des fonctionnaires, des élus locaux, des spécialistes en lien avec cette action.
La Prévention Spécialisée est une forme d'intervention sociale positionnée sous la responsabilité du Conseil général depuis la loi de décentralisation du 6 janvier 1986. Inscrite dans le Code de l'action sociale et des familles, elle est une prestation de l'Aide Sociale à l'Enfance.
Cette action vise à rompre avec l'isolement et restaurer le lien social des jeunes en voie de marginalisation. Dernier recours face à l'échec des autres démarches éducatives institutionnelles, elle vise à faciliter la reconstruction des liens sociaux, une meilleure intégration des jeunes en rupture, la lutte contre l'exclusion sous toutes ses formes.
Elle se définit par :
- Le non-mandat nominatif
- La libre adhésion
- le respect de l'anonymat
Essentiellement tournée vers les jeunes de 16 à 25 ans, elle peut, selon les départements, s'adresser à des plus jeunes. Les éducateurs de prévention, le plus souvent des éducateurs spécialisés, vont à la rencontre des jeunes dans leurs lieux de rencontre. Ils sont par conséquent régulièrement nommés «Éducateurs de Rue».
Cas spécifiques
Prévention des accidents du travail
Dans certains pays, la législation oblige tout employeur à effectuer une analyse de risques ; en France, cette analyse doit être synthétisée dans un document unique.
Les risques sont évalués selon deux critères : probabilité de l'évènement non souhaité et gravité du dommage causé dont les accidents qui font partis des dommages les plus graves. Il en va ainsi de la responsabilité de l'employeur de prendre des mesures de prévention et/ou de protection correctes afin d'éviter ces accidents pour les premières et/ou de diminuer la grièveté de ceux-ci pour les deuxièmes.
Voir l'article Accident du travail.
Prévention des accidents domestiques
Chaque année en France métropolitaine, les accidents domestiques causent à peu près 20 000 morts (soit 3, 6 % des décès), 80 000 morts dans l'Union européenne et plusieurs millions de morts dans le monde. On parle aussi d'accident de la vie courante (AcVC).
Les principales causes sont (le nombre de morts indiqué est pour la France en 1999) :
- chutes (10 520 morts, dont 95 % sont des personnes de plus de 65 ans)
- suffocation (3 543 morts)
- intoxication (758 morts, 600 par médicaments, 158 par d'autres substances et gaz)
- noyade (547 morts)
- feu (460 morts)
Voir l'article détaillé Accident domestique.
Prévention des accidents de la route
En France, les accidents de la route font à peu près 7 000 morts par an et plus de 100 000 blessés. En 2001, ils ont représenté 61, 2 % des accidents du travail mortels (accidents de parcours compris), avec 836 accidents, selon les données de la Caisse nationale d'assurance maladie [11].
Voir l'article détaillé Prévention routière.
Prévention du suicide
En 1999 en France, le suicide a causé la mort de 12 000 personnes [12], soit plus que les accidents de la circulation.
La prévention est complexe et délicate, les situations ne sont pas forcément évidentes à détecter. En général, on peut dire que le suicidant (celui qui fait une tentative de suicide) est particulièrement souvent en état de dépression.
Il faut par conséquent veiller à soutenir un proche en situation complexe (séparation, perte d'un être proche, perte d'emploi, adolescence, échec scolaire, échec sentimental, perte d'autonomie... ), c'est-à-dire de l'écouter sans le juger et sans faire d'analyses pseudo-psychanalytiques, ou alors de stimuler le dialogue avec une phrase du type «je ne te sens pas bien en ce moment». On peut essayer de stimuler la personne à sortir et se divertir malgré une perte d'envie, mais éviter à tout prix les phrases du type «fais un effort !» ou «prend légèrement sur toi !» : la personne fait déjà des efforts énormes pour essayer de se sortir de sa déprime. On peut enfin l'inviter à consulter un médecin généraliste.
Quand on sent que le passage à l'acte est imminent, il faut prévenir les secours (112 dans l'Union européenne, 15 ou 18 en France). Voir l'article détaillé Suicide.
Formation aux premiers secours
La formation aux premiers secours est une mesure de prévision (agir après la survenue de l'accident), mais c'est aussi une mesure de prévention : en effet, une personne constituée est plus consciente des risques, elle fait plus attention aux autres personnes, elle adopte par conséquent spontanément un comportement plus prudent. La sensibilisation aux risques est d'ailleurs un des buts explicites de ces formations.
Prévention néo-natale
Aux États-Unis, on estime que les causes de mort prématurées sont[6] [13] :
- le comportement personnel pour 40 % ;
- les prédispositions génétiques pour 30 % ;
- les circonstances sociales pour 15 % ;
- la carence des soins médicaux pour 10 % ;
- les expositions environnementales pour 5 %.
Annexes
Bibliographie
- Can the world afford to save the lives of 6 million children each year, Bryce J et coll., Lancet 2005, n°365, pp2193–2200. © Copyright 2005
- Prévenir les risques. Agir en organisation responsable. Andrée Charles, Farid Baddache. Editions AFNOR. 2006. ISBN 2-1247-5519-6.
Liens externes
- Q. O. A. C. H, Questions préventives de bien-être et de santé
- Bureau suisse de prévention des accidents (bpa) , organisme de prévention des accidents non professionnels
- Définition et évaluation des risques pour la santé, extrait du Rapport sur la Santé dans le Monde 2002 - Diminuer les risques et promouvoir une vie saine, Organisation mondiale de la santé (fichier [pdf], 21p)
- Le Portail du risque-QHSE de l'IUT Dép, Hygiène Sécurité, Environnement (HSE), M. Lesbats de Bordeaux
- Forum Européen pour la Sécurité Urbaine [14]
- Base de données scientifiques de chimio-prévention du cancer (un site officiel NACRe / INRA)
- Cours de gestion des risques Diaporama animé d'une introduction à la gestion des risques avec la démarche générique à suivre.
- Durée de vie, une présentation animée de l'INED
- Les experts de la prudence Site de prévention des risques pour les enfants.
- La prévention quaternaire Liens vers le concept de prévention quaternaire.
- Le portail de la prévention
- Le site des CHSCT
- Les principes de prévention
- [15]Le guide de la gestion des risque, pour la sécurité de l'Homme dans l'entreprise et son environnement
Références
- ↑ M. Lalonde, Nouvelle perspective de la santé des Canadiens, Ministère des approvisionnements et services du Canada, 1974, ISBN 0-662-50019-9, p. 5 [lire en ligne]
- ↑ Public Library of Medecine, n°de la semaine du 9 janvier 2008, cité dans Le Figaro, 9 janvier 2008, page 12
- ↑ Une vie saine peut accroître la longévité de 14 ans, dans Le Figaro, 9 janvier 2008, page 12
- ↑ Une vie saine peut accroître la longévité de 14 ans, dans Le Figaro, 9 janvier 2008, page 12
- ↑ Can the world afford to save the lives of 6 million children each year, Bryce J et coll., Lancet 2005, n°365, pp2193–2200. © Copyright 2005
- ↑ S. A. Schrœder, We Can Do Better — Improving the Health of the American People, New England Journal of Medicine vol. 357 :1221–1228, 20 septembre 2007
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