Réduction des risques liés à la toxicomanie

La réduction des risques liés à la toxicomanie sert à désigner la totalité de la politique de réduction des risques lié à la toxicomanie.



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Consommation de psychotrope - Traitement des addictions

La réduction des risques liés à la toxicomanie sert à désigner la totalité de la politique de réduction des risques lié à la toxicomanie. C'est une politique qui privilégie des stratégies de soin et de prévention pour limiter les risques sanitaires et sociaux liés à l'usage de psychotrope.

Elle est en premier lieu apparue dans des pays ayant une forte tradition de santé publique comme les Pays-Bas puis la Grande-Bretagne pour se répandre dans les pays occidentaux mais elle reste absente dans le reste du monde. [1]

L'essor des politiques de réduction des risques liés à toxicomanie est essentiellement dû à la naissance du SIDA dans les années 1980 et elle y reste fortement assimilée même si son objectif est plus large. Son but d'origine était de limiter la transmission d'infections type hépatites ou VIH chez les usagers-injecteurs de drogues. Elle s'est ensuite élargie à la prise en charge globale de la santé des usagers, prenant en compte les différents risques sanitaires suivant les produits, des personnes et de leur environnement.

Outre un fort message de prévention et d'information, elle se base aussi sur différentes actions comme les programmes visant à l'échange des seringues, la mise en place de traitement de substitution, l'hébergement même temporaire, la mise en place de sites d'injection, la mise en place de groupes d'autosupport (un injecteur ou un ex-injecteur sera plus convainquant pour ses paires) et le testing.

Les résultats les plus visibles de la réduction des risques liés à la toxicomanie se mesurent essentiellement dans la réduction des décès par overdose et la baisse de transmission du VIH et de l'hépatite C mais au-delà des résultats visibles, il s'agit en particulier d'une meilleure prise en charge sanitaire et sociale des toxicomanes.

Historique

Dans les années 1960, l'essor de la contre-culture impose la consommation de psychotrope comme un moyen de contestation. A partir de la fin des années 1960, les pays se dotent un arsenal législatif dont l'objectif était de lutter contre la drogue, alors perçue comme un «fléau». Ces législations pénalisent le plus fréquemment l'usage-simple et ne distinguent pas les différents produits. Face à ses législations rigides apparaissent les premiers centres de soin spécialisés pour les toxicomanes dès le début des années 1970, alors reconnu comme des marginaux s'occupant de marginaux. C'est la naissance du SIDA dans les années 1980 qui change la vision de ces politiques qui s'imposent alors comme indispensables pour enrayer l'épidémie. Elle apparait en premier lieu aux Pays-Bas puis ensuite en Grande-Bretagne.

Grande-Bretagne

En Grande-Bretagne, dès les années 1924-1926, une commission présidée par Sir Humphrey Rolleston permet aux médecins de prescrire des drogues aux toxicomanes incapable de parvenir à l'abstinence afin qu'ils puissent être inserré et de limiter les effets secondaires de leur dépendance. [1]

Dans le milieu des années 1980, certaines villes développent des programmes d'échange de serringues et des campagnes d'information sur le sujet. [1]

En 1987, un rapport officiel déclare que le sida est un danger plus grand que la toxicomanie, plaçant ce problème au cœur des préoccupations. [1]

En 1990 à Liverpool se tient la première conférence mondiale sur réduction des risques liés à la toxicomanie. [1]

France

En France, plusieurs associations ou ONG comme Médecins du monde, le Collectif d'information et de recherche cannabique ou Techno Plus militent depuis plusieurs années pour que les autorités publiques reconnaissent l'importance d'une politique sérieuse de réduction des risques.

Cette politique a été mise en œuvre à partir de 1987 avec la mise en vente libre des seringues en pharmacie par décret du ministre de la santé (Michèle Barzach). Ce système, financé principalement par l'État et dans une moindre mesure par l'assurance maladie, a ensuite été complété par d'autres programmes comme les programmes dits d'échange «actif» de seringues (à partir de 1989 sous l'impulsion de Médecins du monde) ou les distributeurs automatiques de seringues (à partir de 2001) ou encore les stéribox (à partir de 1994), ou les programmes de substitution (à partir de 1994). La réduction des risques figure dans la loi française depuis 2004 où sont ajoutés trois articles à la loi de Santé publique. Ces trois articles (article L. 3411-6, L. 3411-7 et L. 3411-8) (articles R3121-33-1 à D3121-33) définissent que l'État fixe la définition de la politique de réduction des risques et en détermine les actions par décret, qu'elle a pour objet de prévenir la transmission des infections, la mortalité par surdose et les dommages sociaux liés à la toxicomanie et que ces structures relèvent du Code de l'action sociale et des familles.

C'est d'ailleurs un décret qui rend illégale la pratique du testing en France en avril 2005. Avant cette interdiction, des associations comme Médecins du monde pratiquaient régulièrement ces tests lors des free parties (ou teknival).

En France, le budget consacré à la réduction des risques liés à la toxicomanie a évolué de 9, 5 millions d'euros en 1997 à 14, 6 millions d'euros en 2002. [2]

Pays-Bas[3]

Aux Pays-Bas, cette politique a été mise en place suite au rapport Engelsman[4] publié en 1985. Ce rapport s'appuie sur les recherches ethnographiques de deux sociologues (O. Janssen et K. Swierstra) publiées en 1982 qui mettent en évidence non seulement des différences de mode d'usage (consommation occasionnelle, consommation abusive) mais également des différences de conditions sociales et d'appartenance ethnique, distinguant alors les effets primaires (effets objectifs, pharmacologiques) et les effets secondaires (effets liés au contexte politique «répressif»). Selon eux, les effets secondaires seraient directement imputables au marché illicite dans lequel le produit circule et non au produit lui-même.

Le rapport Engelsman avance que l'État et la société civile ont une responsabilité d'information visant à ne plus stigmatiser les usagers car la marginalisation de l'usager serait due au sens spécifique donné à l'usage de drogue via une politique répressive. Cette vision est reconnue comme déresponsabilisant trop l'usager sans prendre en compte les non-usagers, qui sont ensuite reconnu en 1995 par le rapport continuité et changement avec la reconnaissance de nuisances.

Cette politique vise par conséquent à reconnaître à la fois les toxicomanes par la mise en place de structures correctes ainsi qu'à reconnaître les nuisances qu'ils peuvent générer surtout auprès des riverains pour les prévenir ou du moins de les modérer.

Philosophie

La politique de réduction des risques considère que l'usage de drogue ne peut s'effacer en un instant pour une simple volonté politique ; ainsi le fait de ne proposer des soins qu'à ceux décidé à arriver à l'abstinence revient à ignorer une grande proportion des usagers de drogues, proportion fréquemment la plus marginale et par conséquent la plus desespérée. [1]

La politique de réduction des risques propose de diminuer la totalité des dommages sociaux et sanitaires liés à l'usage de drogue en les hierarchisant et en s'adaptant à l'usager.

La réduction des risques est critique vis-à-vis du modèle prohibitioniste en place depuis les années 1970 qui en fait de «guerre de la drogue» est plutôt une «guerre aux drogués». En effet, elle critique les politiques strictement répressives qui limitent la prévention, l'accés aux soins et facilite les produits frelatés. [1]

Elle se conçoit sur plusieurs distinctions qu'elle considère comme majeures :

Controverse

Certains considèrent que la réduction des risques liés à la toxicomanie peut être perçue comme un encouragement à la consommation de substances psychotropes, dans la mesure où elle n'en condamne pas résolument l'usage. [1]

À l'inverse, lors de la mise en place de ses politiques, certains intervenants en toxicomanie y voyaient un moyen de «contrôle social» sur les toxicomanes, pour les ficher et d'imposer un hygiènisme totalitaire sous couvert de santé publique. [1]

Note

  1. Denis Richard, Jean-Louis Senon, Marc Valleur, Dictionnaire des drogues et des dépendances, Larousse, 2004 (ISBN 2-03-505431-1)  
  2. Proposition de résolution tendant à la création d'une commission d'enquête sur la politique nationale de lutte contre les drogues illicites : Rapport de la commission d'enquête sur la politique nationale de lutte contre les drogues illicites - tome I
  3. Politiques et expérimentations sur les drogues aux Pays-Bas par Hélène Martineau et Émilie Gomart
  4. Interdepartementale Stuurgrœp Alcohol - en Drug beleid, 1985

Voir aussi

Liens externes

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"prévention et la réduction"

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