Tabac

Le tabac est un produit manufacturé élaboré à partir de feuilles séchées de plantes de tabac commun, une espèce originaire d'Amérique centrale appartenant au genre botanique Nicotiana.



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Tabac - Plante rudérale

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Définitions :

  • Plante herbacée de la famille des solanacées, venant des Amériques, qui est cultivée pour ses grandes feuilles dont on extrait le tabac à ... (source : fr.wiktionary)
Du tabac et une balance au musée de la vie bourguignonne, Dijon

Le tabac est un produit manufacturé élaboré à partir de feuilles séchées de plantes de tabac commun (Nicotiana tabacum), une espèce originaire d'Amérique centrale appartenant au genre botanique Nicotiana (famille : Solanaceæ).

L'usage du tabac s'est beaucoup répandu dans le monde entier suite à la découverte de l'Amérique. Sa production est fréquemment un monopole d'État et sa vente le plus souvent soumise à de lourdes taxes.

Les Nicotiana sont des plantes néotropicales nitrophiles, originaires des régions chaudes et nécessitant un sol riche en humus. La température et la nature des sols jouent un rôle prépondérant sur les propriétés du tabac : la culture ne peut s'effectuer qu'entre des températures allant de 15°C à 35°C, 27°C constituant un parfait pour l'épanouissement des plants. On estime la surface cultivée mondiale à 5 millions d'hectares, principalement en Asie et en Amérique, quoique sa relative plasticité lui permette d'être cultivée entre le 60e degré de latitude nord et le 40e degré de latitude sud. Le degré de maturation et la méthode de récolte des feuilles forment un élément essentiel et déterminant pour leur destination. Sous-maturées, les feuilles sont destinées aux capes pour cigares (l'enveloppe extérieure). La récolte en feuilles peut durer plus d'un mois, les feuilles étant récoltées une par une selon la maturation, alors que la récolte par tige est bien plus rapide car mécanisée, mais au détriment de la qualité.

La production de tabac, estimée à plus de 8 millions de tonnes, est dominée par la Chine, les États-Unis, l'Inde, le Brésil, et certains pays de l'ex-URSS. La très grande majorité des pays achètent du tabac, même quand ils sont eux-mêmes producteurs : dans ce cas, les importations visent à suppléer les lacunes en termes de diversité.

La manufacture du tabac est dominée par la Chine, l'Amérique du Sud (Brésil), l'Inde, les pays de l'ex-URSS et le Japon. La cigarette représente la majeure partie de la production, estimée à plus de 5 000 milliards d'unités en 1993.


Production en tonnes. Chiffres 2003-2006
Données de FAOSTAT (FAO) Base de données de la FAO, accès du 13 juin 2008
2003 2004 2005 2006 2007
République populaire de Chine Chine 2 262 658 38% 2 411 490 38% 2 688 500 41% 2 750 000 41% 2 397 200 --%
Brésil Brésil 656 200 11% 921 281 14% 889 426 14% 905 352 13% 908 679 --%
Inde Inde 490 000 8% 550 000 9% 550 000 8% 550 000 8% 520 000 --%
États-Unis États-Unis 364 080 6% 400 060 6% 290 170 4% 338 060 5% 353 177 --%
Argentine Argentine 117 779 2% 118 000 2% 163 528 2% 163 528 2% 170 000 --%
Indonésie Indonésie 210 300 4% 141 000 2% 141 000 2% 141 000 2% 164 851 --%
Turquie Turquie 112 158 2% 133 913 2% 135 247 2% 140 000 2% 74 584 --%
Grèce Grèce 136 000 2% 133 937 2% 125 503 2% 125 503 2% 30 783 --%
Italie Italie 124 985 2% 117 882 2% 117 882 2% 120 000 2% 100 000 --%
Pakistan Pakistan 88 200 1% 86 200 1% 100 500 2% 112 600 2% 103 000 --%
 Thaïlande 66 000 1% 68 000 1% 68 000 1% 70 000 1% 70 000 --%
Malawi Malawi 69 500 1% 69 500 1% 69 500 1% 69 500 1% 118 000 --%
Corée du Nord Corée du Nord 64 000 1% 64 000 1% 64 000 1% 65 400 1% 63 000 --%
Zimbabwe Zimbabwe 102 683 2% 62 320 1% 65 000 1% 65 000 1% 79 000 --%
Tanzanie Tanzanie 28 000 0% 34 000 1% 47 000 1% 52 000 1% 50 600 --%
Japon Japon 50 662 1% 52 659 1% 47 000 1% 47 000 1% 40 000 --%
Canada Canada 46 338 1% 42 430 1% 43 000 1% 43 000 1% 44 000 --%
Viêt Nam Viêt Nam 31 800 1% 23 400 0% 25 900 0% 42 600 1% 31 900 --%
Espagne Espagne 40 192 1% 40 596 1% 40 251 1% 42 000 1% 30 000 --%
Reste du monde 922 523 15% 934 116 15% 917 651 14% 889 698 13% 853 353 --%
Total 5 984 058 6 404 784 6 589 058 6 732 241 6 202 127

  • Pourriture noire des racines  ;
  • Sclérotiniose ;
  • Virus mosaïque du concombre  ;
  • Virus mosaïque du tabac.

  • Taupes, courtillières, limaces, pucerons, hépiales, noctuelles (vers gris), thrips.

  • Orobanche (plante parasite)  ;
  • Nématode des tiges (anguilules).

Tabac en train de sécher au soleil. Nord-ouest de l'Iran.

Les feuilles de tabac récoltées, sont séchées pour éliminer plus de 90 % de leur eau. Les tabacs en feuilles sont classés selon leur variété ou leur mode de séchage :

  • sun-cured, tabacs orientaux séchés au soleil ;
  • flue-cured, tabacs type Virginie séchés à l'air chaud, particulièrement appréciés ;
  • fire-cured, tabacs noirs type Kentucky séchés au feu ;
  • dark air-cured, tabacs noirs séchés à l'air, goût français ;
  • light air-cured, tabacs clairs type White Burley séchés à l'air naturel, goût américain ;

S'ensuit soit un stockage pour les tabacs fire-cured ou certains light air-cured, soit une fermentation pour faciliter la volatilisation de la nicotine et de l'ammoniac.

Tabac blond type Virginie

La consommation extensive du tabac dans le monde a génèré la constitution de majors d'industrie puissantes.

Le premier producteur mondial de tabac est le monopole chinois China National Tobacco Corporation.

Les quatre cinquièmes du marché sont dominés par cinq multinationales aux diverses marques : ce sont , dans l'ordre décroissant de production :

Un certain nombre de pays développés ayant pris des mesures (interdiction aux mineurs, interdiction dans les lieux publics, augmentation des taxes, etc. ) pour informer leur population et obtenir une diminution significative de la consommation, les efforts actuels de l'industrie du tabac se déplacent sur le développement des ventes dans les pays en voie de développement.

Fleurs et fruits du tabac

La culture du tabac trouve son origine en Amérique, il y a plus de 500 ans. Quand Christophe Colomb rencontre les Amérindiens, ceux-ci pour se soigner roulent des feuilles de tabac jusqu'à obtenir une sorte de grand cigare qu'ils nomment «tabaco»[1].

Dans leur calumet brûle aussi un mélange de plusieurs herbes dont le tabac et le chanvre.

À la même époque, comme le tabac n'existe pas en Europe, les Romains et les Grecs, qui fumaient la pipe, emploient des feuilles d'autres végétaux tels que le poirier[2]. Divers travaux ont aussi postulé la consommation de nicotine dans l'Égypte antique, mais sans parvenir à une conclusion claire à propos de son origine.

En 1492, lors de son expédition en Amérique, Christophe Colomb découvre le tabac et le rapporte en Europe, à la Cour espagnole et portugaise, où il est pendant longtemps utilisé comme simple plante d'ornement. Ce n'est qu'au milieu du XVIe siècle que le médecin personnel de Philippe II d'Espagne commence à propager le «médicament universel» : le tabac. Il sera introduit en France en 1556 par un moine cordelier, André Thévet qui au retour de son séjour au Brésil, en fit la culture dans les environs de sa ville natale d'Angoulême. On l'appelle alors «herbe angoulmoise».

Carte montrant les pays producteurs de tabac, 2005

En 1560, l'ambassadeur de François II au Portugal, Jean Nicot, se basant sur l'effet curatif du tabac des rituels indiens, envoie de la poudre à la Reine Catherine de Médicis pour traiter les terribles migraines de son fils François II. Le traitement a du succès et le tabac devient ainsi «l'herbe à la Reine». Sa vente sous forme de poudre est réservée aux apothicaires. Pour honorer Jean Nicot, le duc de Guise proposa d'appeler cette herbe nicotiane. Cette proposition fut retenue par le botaniste Delachamps qui attribua officiellement le nom de «Nicotiana tabacum» à la plante, terminologie reprise ensuite par Linné[3]. La plante reçut de très nombreux noms parmi lesquels on peut citer «nicotiane», «médicée», «catherinaire», «herbe de Monsieur Le Prieur», «herbe sainte», «herbe à l'ensemble des maux», «panacée antarctique» et finalement «herbe à ambassadeur».

C'est à la fin du XVIe siècle qu'apparaît le mot «tabac» : la première illustration botanique en est donnée par Nicolas Monardes en 1571. En 1575, André Thevet donne un "pourtrait de l'herbe Petum ou Angoulmoisine" dans sa Cosmographie universelle (t II, livre XXI, chap VIII).

A la même époque, est publié un des premiers traités sur le tabac, vu alors comme une plante médicinale : L'instruction sur l'herbe petum (1572) par Jacques Gohory.

Le Cardinal de Richelieu instaure une taxe sur la vente de tabac en 1621. Colbert fit de sa production et de son commerce un monopole royal ainsi qu'à l'époque la production nationale est la plus développée d'Europe, avec des plantations dans l'Est , le Sud-Ouest , mais aussi dans les 4 îles des Antilles les plus peuplées : Saint-Christophe, Martinique, Guadeloupe et Saint-Domingue [4].

La création d'un monopole en 1674 dope la contrebande

Jeune plante de tabac

À la demande de Louis XIV, Colbert établit un «Privilège de fabrication et de vente» en 1674, l'année de la création de la Compagnie du Sénégal. Les premières Manufactures des tabacs sont fondées à Morlaix, Dieppe et Paris. Le privilège est en premier lieu concédé à des spécifiques dont le premier est Madame de Maintenon[5] qui le revend, puis à l'unique Compagnie des Indes, au moment où celle-ci doit se retirer du commerce du sucre, relevant alors directement du roi et des ports qu'ils souhaitent faciliter.

La culture du tabac devient un monopole et rapidement les gouvernants voient les rentrées d'argent qu'ils peuvent espérer des taxes sur le tabac. Ces taxes augmentent le prix de vente, alors que la recherche d'un bénéfice rapide dicte un faible prix d'achat aux planteurs, à une époque où les rois souhaitent remplacer la culture du tabac aux Antilles par celle du sucre, bien plus rentable, à l'image de ce qui s'est passé sur l'île de la Barbade britannique.

Plus que le monopole, c'est la stratégie de prix de vente et d'achats qui modifie alors en profondeur la production mondiale de tabac.

La contrebande se développe sur les côtes, surtout sur l'île de Noirmoutier, et le nouveau monopole doit installer des acheteurs dans les ports d'Amsterdam et Liverpool, pour acheter le tabac des Antilles françaises, puis le tabac de Virginie, nettement moins cher, auquel les consommateurs prennent goût, et qui prend son essor[4].

La production prend son essor en Virginie et Maryland

Champ de tabac

Les planteurs de Virginie commencent à importer des esclaves grâce à la Compagnie royale d'Afrique, créée en 1672, pour rendre leur tabac hégémonique sur les marchés. L'époque des plantations géantes débute.

En trente ans, les importations françaises font plus que tripler, passant de 20 % à 70 % de la consommation intérieure de tabac. La Virginie, pour qui la France devient le premier marché (hormis l'entrepôt de négoce d'Amsterdam), représente à elle seule 60 % des importations françaises[4]. En échange, la monarchie anglaise tente d'empêcher les raids de flibustiers anglais sur les îles à sucre françaises.

Cette politique subit cependant un coup d'arrêt à la fin du siècle quand les taxes sur l'exportation du tabac anglais augmentent de 150 %. En 70 ans, elles quadruplent, mais sans gêner toujours la position dominante déjà acquise sur le marché[4]. Le port de Londres, qui a le monopole d'importation depuis 1624, a les moyens de rendre cette filière compétitive.

Dès le milieu du 18e siècle, la Virginie contrôle la majeure partie du marché mondial. L'autre grand producteur est la colonie voisine du Maryland, dans la Baie du Chesapeake, aussi soutenue par la dynastie Stuart.

Pour maîtriser les flux, la culture du tabac est prohibée dès 1719 dans toute la France, avec des condamnations qui peuvent aller jusqu'à la peine de mort. Exceptions : la Franche-Comté, la Flandre et l'Alsace. Elle le restera jusqu'en 1791.

En 1809, Louis-Nicolas Vauquelin, professeur de chimie de l'École de Médecine de Paris, isole un principe actif azoté des feuilles de tabac. La nicotine, quant à elle , sera identifiée quelques années plus tard.

La cigarette est introduite en France vers 1825.

Plante de tabac adulte

Le tabac est consommé essentiellement fumé sous forme de cigares, de cigarettes, avec une pipe ou d'un narguilé ; il peut aussi être chiqué ou prisé.

La consommation de tabac génère rapidement une dépendance durable.

Article détaillé : Tabagisme.

Le tabac est une nicotianée se caractérisant par une concentration élevée en nicotine, alcaloïde qui contribue à la dépendance au tabagisme en consommation orale ou fumée. Cet alcaloïde est un toxique puissant, surtout en décoction, celle-ci étant couramment utilisée comme insecticide.

La composition du tabac est complexe (certains avancent un ordre de grandeur de 4000 constituants ), à cause de la complexité de la plante ainsi qu'à cause des nombreux traitements réalisés sur le tabac récolté pour en assurer la conservation, la couleur, le parfum, le goût, la plasticité, etc.

L'American Journal of Public Health a montré, en septembre 2008, que les «majors» de l'industrie du tabac, Philip Morris (PM), RJ Reynolds, British American Tobacco, etc., ont volontairement caché au public, depuis les années 1960, la présence de polonium 210, une substance hautement cancérigène (et utilisée pour l'assassinat de l'espion Alexander Litvinenko) dans les cigarettes[6][7][8]. Cette présence s'explique à cause de l'utilisation d'engrais à base d'apatites, utilisés pour donner une saveur spécifique au tabac[6][7][9].

  1. Les Indiens d'Amérique centrale utilisaient les feuilles de tabac pour se soigner, couper la faim et la fatigue et apaiser les douleurs
  2. Les Romains et les Grecs fumaient la pipe, mais pas le tabac
  3. Jean-Marie Pelt, La cannelle et le panda. Les grands naturalistes explorateurs autour du monde, Fayard, 1999 
  4. abcd Tobacco in History : The Cultures of Dependence
  5. The making of New World slavery : from the Baroque to the modern, 1492-1800
  6. ab Waking a Sleeping Giant : The Tobacco Industry's Response to the Polonium-210 Issue, American Journal of Public Health , septembre 2008
  7. ab Le secret du polonium 210 dans la fumée de cigarette, Le Figaro, 27 août 2008
  8. Du polonium 210 dans les cigarettes : les industriels savaient, Le Nouvel Observateur, 28 août 2008
  9. (en) J. Marmonstein, «Lung cancer : is the increasing incidence due to radioactive polonium in cigarettes?», 1986

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